- Dans l’émission « Midi en France » sur France 3, tu parcours la France aux cotés de Laurent BOYER, pour nous présenter les animaux qui caractérisent le mieux une ville ou une région…
Effectivement ! Depuis janvier 2011, j’ai la chance d’animer la rubrique animaux de Midi en France, une émission de proximité.
Allez, je fais ma petite promo, c’est du lundi au vendredi sur France 3, tous les jours à 10h50, présenté par Laurent Boyer. Et comme je sais que l’horaire n’est pas le plus évident, il est possible de la visionner également sur pluzz.fr
Nous sommes une petite bande de joyeux lurons qui traversons la France en long en large et en travers, car chaque semaine nous sommes dans une ville différente.
A ce jour, nous avons déjà fait 30 villes.
Tous les chroniqueurs ont leur domaine d’expertise. Il y a Vincent Ferniot, le critique gastronomique, Nathalie Simon la baroudeuse, Jean Sébastien Petitdemange, pour la chronique tourisme … Et puis moi, qui ai en charge la rubrique animaux.
Et je peux vous garantir que je vais de découverte en découverte. Bien que véto, je ne me rendais pas compte de la diversité des races en France (ovines, caprines, porcines, équines, bovines, canines …) et de l’engagement de professionnels et amateurs pour la sauvegarde de cette richesse et le bien être animal. Beaucoup de ces races, qui sont pourtant intimement liées à l’histoire de la France, au terroir qui les a fait naître et qui a forgé leurs aptitudes et caractéristiques uniques, ont tout simplement failli disparaître dans les années 60 (à la recherche du productivisme …).
Alors je vais à la rencontre de ces éleveurs ou passionnés …
Je peux aussi bien présenter la Normande lorsque je suis à Cabourg, que le Trait du Nord à Calais, l’âne de Provence à Carpentras ou encore la chèvre lorraine à Metz.
Et puis j’ai également des sujets autour des parcs animaliers de la région, des animaux sauvages du coin ou des activités / initiatives autour de l’animal qui méritent d’être présentées :
- le cheval territorial dans une petite bourgade du côté de Strasbourg
- la ferme du bonheur à Argelès, une maison de retraite pour grands animaux
- le retour du loup dans les vosges
- l’invasion des goélands dans la ville de Calais …
Et là, je reviens de Lyon où j’ai bien évidemment parlé de l’école vétérinaire de Lyon et des 250 ans de notre belle profession, qui a vu le jour grâce à Bourgelat, à Lyon justement !
- Les émissions s’enchainent à un rythme effréné, une partie en direct, une autre enregistrée. Comment te prépares tu à cette quotidienne ?
C’est toute une organisation !
Déjà, il faut savoir que toutes les chroniques sont choisies et validées quasiment 4 semaines à l’avance. J’ai la chance d’avoir deux journalistes formidables qui travaillent pour moi, me font des propositions, prennent contact avec les éleveurs, organisent les tournages …
Un autre journaliste-reporter part ensuite tourner sur place. On compte à peu près plus de 2 heures de bande pour chaque tournage, qui seront ensuite dérushées et montées, pour fournir un sujet de 3 minutes, sur lequel je vais ensuite « poser ma voix ».
Puis j’ai tout le travail d’écriture des chroniques.
Nous partons sur chaque ville le dimanche après-midi, pour une première réunion d’équipe le dimanche soir.
Le lundi matin, nous sommes sur le plateau à 8h30 pour le direct à 10h50 (répétitions, maquillage, stylisme …). Puis à 12h30 nous enregistrons l’émission du mercredi.
Le mardi matin, c’est reparti pour le direct, et à la suite de celui-ci, nous enregistrons les émissions du jeudi et du vendredi.
Cela nous fait donc 5 émissions d’une heure quasiment en 2 jours.
Donc oui, je peux dire que le rythme est effréné !
Heureusement, toute l’équipe est professionnelle et motivée (nous sommes presque 80 sur place chaque semaine), et nous sommes donc fiers de produire une émission de qualité.
- Après une thèse en comportement, un parcours en labos, un peu de clientèle, qu’est ce qui t’a attiré vers le milieu journalistique ?
C’est vrai que j’ai un parcours un peu atypique.
J’ai commencé par de la clientèle canine, pendant 3 ans à peu près, que je complétais par un poste de formatrice au CNFA.
J’ai commencé à cette époque à avoir quelques expériences télévisuelles : j’avais été invitée à plusieurs reprises sur l’émission Les Animaux de la 8, et j’avais participé à un prime-time, Bêtes de Scène, présenté par Christophe Dechavanne.
Puis j’ai eu envie de changer, de découvrir autre chose. J’ai fait un mastère de marketing et communication à l’ESCP, et j’ai travaillé pendant un an chez Nestlé Purina puis 4 ans chez Pfizer, au marketing France puis international.
J’ai toujours eu une attirance pour le travail journalistique. J’aime lire, faire des recherches, découvrir, synthétiser et rendre accessible.
Quant à la télévision, c’est l’exercice prise de parole en public qui me plait et me stimule.
Et puis, il ne faut pas s’en cacher, il y a aussi une dimension narcissique à être devant une caméra ou devant un micro.
- Racontes nous ton casting pour cette émission ?
Plus qu’un casting, c’est une opportunité, une surprise de la vie.
Je n’étais pas dans une démarche active de changement, je travaillais chez Pfizer, j’avais un poste qui me convenait, jusqu’au jour où j’ai reçu un coup de fil de la rédactrice en chef de l’émission Midi en France, qui recrutait l’équipe.
Elle avait eu mon numéro de téléphone par un ami commun.
Ça m’a surprise et amusée, j’ai décidé d’aller à l’entretien, avec un DVD de mes précédentes expériences tv, mais sans espoir de quoi que ce soit.
Cela s’est très bien passé, j’ai rencontré également le producteur, qui a l’habitude de recruter des présentateurs / animateurs et chroniqueurs et qui a senti que, malgré mon peu d’expérience en télé, je pourrais réussir.
C’était un pari, autant pour eux qui me connaissaient à peine, que pour moi, qui ai du prendre un congé sabbatique chez Pfizer pour participer à cette émission, qui aurait très bien pu s’arrêter au bout de quelques mois de programmation.
Aujourd’hui, j’ai démissionné de chez Pfizer et me consacre exclusivement à Midi en France.
En revanche, j’ai un statut d’intermittente et tout peut s’arrêter rapidement.
Mais il faut savoir saisir les opportunités que la vie nous présente, et aujourd’hui je n’ai aucun regret !
- On te sent très à l’aise dans ce rôle et on réussit à apprendre plein de choses. Peux tu nous expliquer par exemple l’origine du nom « Braque de Weimar » ?
Oh merci, c’est gentil, je suis ravie que même les vétérinaires puissent apprendre quelque chose !
J’ai gagné en aisance au fur et à mesure des mois. Vous savez, quand on tourne plus d’une centaine d’émissions, l’exercice devient plus simple, on a beaucoup moins d’appréhension, et tant qu’on maîtrise le sujet, il y a très peu de risque de faire une sortie de route !
Ah, le Braque de Weimar ! vous remarquerez que ce n’est pas une race vraiment française … J’ai fait une petite pirouette pour pouvoir présenter cette race. Midi en France allait se rendre à Blois, et en faisant des recherches sur la ville, j’ai découvert qu’elle était tout simplement jumelée avec Weimar en Allemagne ! Une chance et une belle surprise car j’étais un peu à sec pour cette ville.
Alors quelques mots d’histoire sur cette race, d’autant plus que bien que le nom soit germanique, il semblerait que cette race ait trouvé ses origines lointaines en France, sous Louis IX, on les appelait les « chiens gris de Saint Louis »
Louis IX les aurait ramenés de ses croisades en Palestine et ils furent ensuite croisés avec des chiens de Saint Hubert et des lévriers
Puis ces chiens ont disparu et il a fallu attendre fin du 18ème / début du 19ème siècle pour les voir réapparaître et prendre ses lettres de noblesse en Allemagne, à la cour de Carl August, grand duc de Saxe Weimar.
La noblesse de ce duché se passionna pour ces chiens de chasse qui devinrent très nombreux et furent rebaptisés Weimaraner.
- Les animaux en direct sont toujours imprévisibles. As-tu une anecdote amusante à partager ?
Et bien je pensais également être confrontée à des situations cocasses régulièrement, mais finalement, pas tant que cela.
Les animaux sont toujours accompagnés de leur maître et cela a véritablement un rôle facilitateur.
Un jour, j’ai eu un éleveur de charolais totalement inconscient, sur une émission que nous tournions à Beaune.
Il avait souhaité nous amener son taureau charolais (1,3 tonnes) car pour lui, c’était l’animal le plus gentil du troupeau et le plus calme.
Soit, nous avons fait confiance.
Nous l’avions prévenu des conditions du plateau : un peu d’attente mais aussi et surtout, du monde, du bruit, une place publique, des pavés …
Lorsqu’il est arrivé à l’heure du rdv, dans la bétaillère, la bête était très très énervée, à donner des coups de cornes contre les parois, à souffler …
Et en discutant avec l’éleveur, en essayant savoir si nous pourrions tourner la chronique en direct, j’ai découvert que ce taureau de 4 ans n’était jamais sorti de son pré !!! il ne connaissait rien d’autre que l’herbe verte, ses congénères et les petits oiseaux ! Il était hors de question de prendre des risques bien sûr (pour nous, le public, et l’animal), donc le taureau est resté dans sa bétaillère, nous l’avons attaché par les cornes avec des cordes et avons ouvert la porte de la bétaillère uniquement le temps de la chronique !
Mais sinon, généralement, tout s’est toujours très bien passé, et depuis septembre, nous privilégions surtout les reportages au sein des exploitations … donc j’ai moins d’animaux en plateau (au grand dam de toute l’équipe et des techniciens car je peux vous assurer que ça faisait l’attraction généralement « Hélène, quelle bête vas-tu nous faire venir cette semaine ? veau vache cochon ou serpent ? »
- J’aimerais, au nom de VETIDEO, te remercier pour cette interview. Mais avant de se quitter, tu connais la tradition : quel coup de cœur souhaites tu partager ?
Tout d’abord, c’est moi qui vous remercie de vous intéresser à l’émission !
Mon coup de coeur revient à toutes les personnes que j’ai pu rencontrer dans le cadre de l’émission, et qui oeuvrent tous les jours à la préservation de nos races autochtones, qui font la richesse de la biodiversité en France.
Et pour contribuer aussi à notre niveau à cette sauvegarde, documentons-nous et , par exemple, choisissons ce que nous mangeons : privilégiez les filières de distribution courtes, procurez vous vos fromages, votre viande directement chez le producteur ou chez des bouchers qui travaillent avec des races du coin : manger de l’agneau de Sologne, du mouton pré-salé ou de la Raïole, du fromage de chèvres du Rove …
Car il ne faut pas oublier que toutes ces races subsisteront à partir du moment où elles conserveront des débouchés économiques. C’est triste, mais c’est ainsi.
Et pour approfondir le sujet, et découvrir ce que la presse pense de cette émission : c’est par ici

















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