Marion, nous te remercions de répondre aux questions de VETIDEO

 

 

Comment définir le développement durable ?

 

C’est en 1987 que la Commission mondiale sur l’environnement à l’ONU a posé la les principes du développement durable.

L’idée était  de réduire de manière globale les inégalités sociales et la pression sur l’environnement. A l’époque, déjà, le concept avait été imaginé comme un modèle de société en rupture avec ceux qui conduisent aux dégâts sociaux et écologiques que l’on connait, tant au niveau local que mondial …

Aujourd’hui on dit que le développement durable est l’ « art » de concilier les 3 piliers que sont le social, l’environnement et l’économie.

Si la problématique sociale et environnementale est claire, en ce qui concerne l’économie la question fait débat : certains sont pour une croissance économique et d’autres pour une décroissance soutenable. Pour ma part, je pense que dans nos pays développés, une réduction de notre consommation globale, énergie comprise est souhaitable ! Acheter moins mais mieux me parait raisonnable,  modifier ses habitudes, son comportement. Dans tous les cas, il n’est pas question de retourner au temps de cavernes !

 

 

Peux-tu nous donner des exemples concrets pour illustrer la situation de notre planète ?

 

Je vous donne en vrac quelques infos provenant des institutions internationales, d’ONG ou d’organisme de contrôle:

- Si nous continuons à surexploiter les ressources marines, il n’y aura plus de poissons dans l’océan d’ici 40 ans.

- Nous avons entre 10 et 40 ans de réserve de pétrole devant nous.

- Les deux tiers des habitants de la planète pourraient subir des pénuries d’eau dans les 15 années à venir .

- A cause de la déforestation, l’équivalent d’un terrain de football disparaît dans le monde toutes les 2 secondes.

- En Angleterre, 25%, de la nourriture achetée finit à la poubelle sans être consommée.

- La température moyenne de surface (moyenne de la température de l’air au-dessus des terres et de la température à la surface de la mer) a augmenté de 0.6 °C (avec une marge d’erreur de ± 0.2 °C) au cours du 20ème siècle.

Je pourrais continuer avec la perte de la biodiversité, la pollution des terres, de l’air et de l’eau, les perturbateurs endocriniens et l’augmentation des cas de cancers, allergies, diabète, les 250 millions de réfugiés climatiques prévus dans 40 ans… la liste est longue !

Il est clair que nous ne pouvons pas nous contenter de hausser les épaules en prétendant que « tout cela nous dépasse ». Le point positif est que les instances politiques et les entreprises commencent à se pencher concrètement sur la question. Ce n’est sans doute pas par philanthropisme mais tous sont conscients que le monde de demain va changer et qu’il faut déjà s’y préparer. (la finitude des ressources par ex).

 

 

Quelles ont été tes actions « Développement Durable » dans ton parcours professionnel ?

 

J’ai travaillé chez Synergence, une agence de stratégie, d’ingénierie et de communication en développement durable en 2010, ce qui m’a permis d’appréhender de manière concrète le concept au niveau des entreprises et des collectivités locales.

Par ailleurs, je suis salariée des sociétés de course depuis 15 ans et depuis septembre 2010 j’initie une démarche développement durable pour le GTHP (Groupement Technique des Hippodromes Parisiens). Nous avons organisé un séminaire de sensibilisation au DD et défini avec les salariés les actions à mener dans ce cadre. Nous en sommes dans la phase de mise en œuvre de solutions concrètes.

 

 

Quelles contributions peuvent apporter les vétérinaires ?

 

Il est toujours intéressant et bénéfique de réfléchir à sa façon de travailler ou d’exercer son métier. Le plus dur étant de trouver une ou deux heures pour s’y mettre…

La porte d’entrée en matière d’écologie est certainement de mettre en place les écogestes. Ils demandent de petits changements de comportement assez faciles, finalement, à mettre en œuvre : Trier les déchets,  moins imprimer, éteindre la lumière, réduire sa consommation d’eau, réduire et regrouper les déplacements, se déplacer autrement…D’une manière générale, pour contrôler sa consommation et sa gestion des déchets, il faut avoir en tête la notion des 3 R : 1 Réduire 2 Réutiliser 3 Recycler.

Aller plus loin en matière d’écologie demande des investissements financiers ; Il faut penser économie d’énergie : isolation, nouveau mode de chauffage, voiture hybride…si C de Margerie ne s’est pas trompé en promettant le litre d’essence à 2 euros, changer de voiture va vraiment concilier l’environnement et l’économie !

En matière sociale il faut penser conditions de travail des salariés, sécurité, ergonomie,  plan de déplacement, variation des tâches, responsabilisation. Accorder du temps de parole et organiser des réunions est vraiment essentiel. Le bienêtre des salariés est souvent synonyme d’une activité florissante !

Enfin, tous les vétérinaires dans l’exercice de leur métier ont une responsabilité sociétale. Même si l’impact en clientèle canine est faible au regard de la médecine humaine, tout est perfectible. L’idée est d’essayer de diminuer son impact sur la pollution des eaux et sa participation à la production de perturbateur endocrinien (prescription d’antibiotiques, de chimiothérapie…), de repenser sa manière d’aborder la fin de vie de l’animal et la question de l’acharnement thérapeutique et de proposer de nouveaux services avec plus de prévention que de traitement.

Tous les engagements pris peuvent être ensuite communiqués dans une charte éthique de la clinique.

 

Réduire son impact environnemental, traiter ses salariés et ses clients comme on souhaiterait l’être, tout en conservant une activité économique satisfaisante : finalement c’est ca le développement durable !