Yannick, tu as récemment développé (avec Hugues GAILLOT) au sein de la Clinique ADVETIA, en plus d’un service de radiographie, d’échographie et de scanner, un service d’IRM et nous te remercions de répondre aux questions de Vetideo.

Il s’agit en effet, à ma connaissance, de la première structure privée en France (hors écoles vétérinaires) offrant des examens en référé de scanner et d’IRM.

Quels sont les principes de l’Imagerie par Résonance Magnétique ?

A la différence du scanner et de la radiographie qui utilisent l’atténuation d’un faisceau de rayons X, l’IRM utilise un champ magnétique puissant (plusieurs milliers de fois le champ terrestre). Placés dans un tel champ, les protons H+ (très nombreux dans tous les tissus hydratés de l’organisme) s’alignent tous sur ce champ. Lorsqu’on induit une perturbation passagère de cet alignement, on peut étudier le retour à la normale et en déduire la composition du tissu (en l’occurrence essentiellement sa richesse en eau). Cela permet de distinguer les tissus les uns des autres (par exemple les substances grise et blanche de l’encéphale) mais aussi de repérer des altérations au sein d’un tissu (œdème, inflammation, etc.).

Quelles sont les différences avec le scanner et surtout quelles en sont les indications ?

Hormis l’absence de nocivité de l’IRM, on bénéficie avec cette technique d’une remarquable capacité de distinction des tissus mous (impossible avec la radio et très partielle avec le scanner). Elle offre ainsi une sensibilité très supérieure dans la reconnaissance des lésions tissulaires. En outre, les artefacts du scanner et de l’IRM sont différents : ainsi, la fosse postérieure du crâne (région cérébelleuse) est très difficile à explorer par le scanner car les images sont parasitées par les artefacts ; en IRM on ne rencontre pas cette gêne. L’IRM est donc largement indiquée dans l’exploration du SNC et notamment de l’encéphale. Elle est aussi très utile pour l’évaluation des tissus mous abdominaux et musculo-squelettiques et notamment articulaires (cartilages, tendons, ligaments). Au contraire, le scanner offre une meilleure sensibilité dans la détection des lyses discrètes des corticales osseuses. Il présente aussi l’avantage d’un temps d’examen plus court et peut donc se substituer à l’IRM pour les animaux dont l’état ne permet pas une anesthésie de longue durée.

Peux-tu nous citer quelques affections non diagnostiquées par le scanner et qui le sont par la technique IRM ?

Peu d’affections ne sont jamais diagnostiquées par le scanner ; en revanche, on peut dire que la sensibilité de l’IRM est très largement supérieure à celle du scanner pour la détection des lésions subtiles de l’encéphale (inflammation diffuse, foyers focaux discrets, etc.) ou de la moelle : un foyer d’encéphalite a beaucoup plus de chances d’être vu en IRM qu’au scanner. De même, l’œdème cérébral est souvent sous-évalué par le scanner, alors que son étendue est bien mieux mesurée par l’IRM.
L’avantage de disposer des deux techniques c’est de pouvoir proposer l’examen le mieux adapté à la situation clinique (et donc le meilleur rapport performance diagnostique/prix), mais aussi de pouvoir s’adapter aux contraintes individuelles de l’animal (capacité à subir une anesthésie) ou du propriétaire (contraintes budgétaires). Il est aussi possible, lorsque le diagnostic le requiert, d’enchaîner les deux examens au cours de la même anesthésie et de profiter de leurs avantages respectifs.

Quel est le matériel IRM choisi par ADVETIA ?

C’est une IRM bas-champ comme la plupart des IRM disponibles en France pour les animaux de compagnie. Il s’agit d’une IRM Paramed tout nouvellement conçue par une équipe italienne. Nous bénéficions ainsi des dernières générations de logiciels et de possibilités de collaboration avec une équipe jeune et dynamique offrant des possibilités de développements futurs. Nous nous attachons aussi les services d’une manipulatrice venue de la médecine humaine afin d’optimiser les réglages et de nous permettre de réaliser les examens de la meilleure qualité possible.

Quelles sont les modalités pratiques de la réalisation d’un tel examen, le protocole anesthésique, les produits de contraste, les prix … ?

Tous les examens IRM se déroulent sous anesthésie générale. Il faut compter environ une heure d’anesthésie gazeuse à l’Isoflurane. Le protocole d’induction est adapté à l’état médical de l’animal. La plupart des examens nécessitent l’administration d’un produit de contraste IRM (Magnévist ND par exemple) qui peut être commandé sans difficulté en pharmacie (compter 1 Euro par kilo de poids de l’animal). Ce produit est injecté par voie intraveineuse à la dose de 0,2 ml/kg au cours de l’examen. Le prix de l’examen lui-même dépend de ce qui est demandé par le clinicien. Ainsi, un examen de l’encéphale coûte 395€, mais s’il faut y ajouter un segment médullaire long ou une autre région du corps, le tarif sera plus élevé.