EVOLUTION DE L’ACTIVITE RURALE
Thibault, après avoir analysé l’évolution des revenus des canins entre 2007 et 2010, nous évoquons l’évolution des revenus des ruraux.
Le PANEL VET RURAL ne concerne-t-il que l’activité rurale des mixtes ?
Oui
Comment ont évolué les revenus ruraux de 2007 à 2010 ?
Le nombre de cliniques rurales présentes sur Panelvet rural depuis 2007 n’est pas suffisamment large pour que nous puissions tirer des conclusions depuis cette date.
Cependant, sur 2008 et 2009, nous avons recensées sur Panelvet suffisamment de cliniques mixtes pour nous permettre d’affirmer que l’évolution du CA rural de ces cliniques par vet EPT est restée stable (+0.1%) entre fev 2008 - fev 2009 et fev 2009 - fev 2010 (période de référence que nous envisageons par la suite dans cet article).
Que peux-tu nous dire de l’évolution du nombre d’actes, du facturé des actes et des médicaments ?
Globalement, ces années correspondent à la mise en place de la vaccination FCO, laquelle est enregistrée dans Panelvet car facturée par les vétérinaires.
De ce fait, nous avons isolé dans Panelvet les actes dits à Valeur Ajoutée du reste des actes afin de suivre l’activité non conjoncturelle du vétérinaire.
Sur la période, les actes à valeur ajouté (Césarienne, opérations de la caillette, torsion, retrournement de matrice, vélage, délivrance, castrations, IV) ont diminué de (-2.7%) / vet EPT alors que le CA actes / vet EPT a progressé de (+ 8.4%), ce qui illustre l’effet FCO.
Le CA médicaments / vet EPT a lui chuté de (-4.3%) sur la période.
Globalement, on peut conclure que la FCO a évité la baisse du CA des vétérinaires ruraux.
Comment évolue l’activité « Conseils » auprès des éleveurs ?
Dans l’activité « conseils », nous intégrons toutes les activités « services » tels que suivi de fécondité, suivis d’élevage, suivi mammites. Cette activité se développe dans les grosses cliniques (> 2 vet EPT de rurale) , car elle nécessite de plus en plus une spécialisation du vétérinaire. Elle requiert aussi du temps pour pouvoir s’exercer dans un contexte autre calme déconnecté de celui de l’urgence.
Il est possible de conclure que l’accroissement de taille des cliniques rurales est une réponse pour pouvoir développer ces nouveaux services.
Comment vois-tu l’avenir de l’activité rurale avec la crise agricole actuelle, la baisse du nombre des exploitations ?
Le nombre des exploitations baissent , mais le nombre de bovins reste stable.
Mécaniquement, le CA médicaments si tant est que la législation sur le médicament ne change pas, ne devrait pas être impacté. Par contre, le nombre d’actes classiques liés au rôle urgentiste du vétérinaire va diminuer surtout en laitier.
Les ruraux se sont déjà organisés pour se regrouper et développer une activité canine ou équine importante et souvent avec réussite (revenus et qualité de vie), on conseille même aux jeunes confrères de se diriger vers les zones rurales en raison d’une faible démographie vétérinaire, quelle est ton opinion ?
Nous avons effectué de nombreux QUALIVET en clientèle rurale. Au cours de ces enquêtes où les vétérinaires recueillent les opinions des éleveurs sur les prestations proposées par la clinique, nous recensons les points suivants importants qui devraient permettre de valoriser la rurale :
- Globalement les éleveurs sont satisfaits de leurs vétérinaires. Ils sentent par contre la désaffection des jeunes pour la rurale et une désertification en cours.
- Ils savent pertinemment que les frais vétérinaires sont autour de 4% de leurs frais d’élevage: proportion qui n’a pas progressé
- Ces mêmes éleveurs font par contre remonter systématiquement le même grief : le prix des médicaments est cher … Et à contrario, ce qu’ils sous entendent, c’est que le prix des actes vétérinaires est dérisoirement bas.
Je pense que la profession doit essayer de mieux identifier les besoins de ses éleveurs afin de mieux répondre à leurs attentes. Il faut segmenter ces éleveurs en catégories qui présentent les mêmes besoins : certains veulent du service, d’autres du médicament pas chers.
On ne fait pas tout ce qu’on sait faire indifféremment avec tout le monde. Etre cher, c’est une perception comme quoi on n’a pas répondu convenablement à une attente. Et cette attente n’est pas forcément un prix bas.
Espérons que le regroupement des vétérinaires va leur permettre de lever le nez du guidon et de réfléchir sur où ils veulent être et et sur ce qu’ils veulent faire dans les 5 ans.











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