Thibault RICHARD pour PANELVET a analysé les données de 117 cliniques canines (pour 280 vétérinaires) sur la période 2007-2009 et donne dans « LA DEPECHE VETERINAIRE » du 13 Mars les grandes tendances.
Nous faisons intervenir Thibault RICHARD sur son analyse ainsi que Benoit WATEAU (DBF audit) pour son expertise comptable.
Les données analysées sont ramenées au vétérinaire équivalent plein temps (EPT) et concernent le facturé HT des cliniques, la décomposition en actes, aliments et médicaments et le nombre de consultations total, vaccinales et le nombre de chirurgie.
Thibault, peux-tu nous donner des explications sur la notion de vétérinaire équivalent temps plein, est-ce 169 H de travail mensuel avec 6 ou semaines de congés ? Le mode de calcul ? L’intégration des vétérinaires salariés à temps partiel ?
Notre définition de Vet EPT est la suivante : 1 EPT travaille 10 demi journées / semaine. Ensuite c’est le vétérinaire qui fait le calcul du nb de vet EPT qui compose sa clinique et qui nous transmet son chiffre.
Suite à cette définition, quelques remarques :
- certes, d’un vétérinaire à l’autre, une demi-journée n’a pas la même durée. Mais comment comptabiliser le fait que lors de période creuse, certains rentrent plus tôt chez eux. Que ceux qui ne reçoivent pas sur RdV ont des salles d’attente pleines en fin de journée…
- Les gardes et astreintes ne sont pas comptées : quelque part, la prise en compte de ces éléments est impossible à valoriser
- Les vacances ne sont pas prises en compte : ce qui est normal car lors des vacances, ceux qui restent travaillent plus et remplacent les absents : donc le nb de vet EPT ne change pas.
Comment assurer la ventilation entre les actes, les ventes de médicaments et les ventes d’aliments, en particulier si les ventes de médicaments ou d’aliments pendant une consultation sont bien intégrés avec les ventes de produits « au comptoir » ?
Les aliments et les médicaments sont identifiés dans les logiciels de gestion par leurs codes CIP.
S’ils sont associés à un acte dans une même facture le même jour, nous considérons que aliments et médicaments ont été vendus lors d’une consultation ou en prolongement de l’acte par le vét. Si sur une facture donnée pour un date donnée, il n’y pas d’actes associés, nous considérons qu’il s’agit de vente au comptoir.
L’analyse des données montre certes une progression du facturé HT sur la période (en moyenne 262 628 HT en 2009 par EPT soit une augmentation de 6% entre 2007 et 2008 et 0,9% de 2008 à 2009) mais de façon inquiétante :
- Une baisse du nombre de consultations (2717 par EPT en 2009)
- Une baisse du nombre de consultations vaccinales (972 par EPT en 2009)
- Une baisse du nombre de chirurgie (276 par EPT en 2009)
Quel est ton analyse sur la baisse du nombre d’actes de prestation médicale ?
Il me semble qu’il y a un double phénomène :
- une baisse du nombre d’animaux de compagnie (les chiens notamment)
- une augmentation des achats au comptoir sans qu’une consultation n’y soit associée
Il semble que la baisse du nombre d’actes a été compensée par une meilleure valorisation de ces actes ? Peux-tu nous donner des indications sur l’évolution du « panier moyen » pour cette période ?
- Sans donner de chiffres précis, les examens complémentaires sont en forte augmentation. Or nous les classons dans les actes. Certains actes de convenance ont été renchéris à juste titre par une facturation détaillée de ces mêmes actes.
La vente d’aliments qui progresse de 12,4% entre 2007 et 2008 et de 4% entre 2008 et 2009 corrige positivement l’activité sachant que le prix des aliments a beaucoup augmenté sur la période, alors que la part du médicament passe de 24,3% du CA total en 2007 à 23,6% en 2009 en raison de l’utilisation de génériques.
Pouvons-nous dire que l’augmentation des prix face à une baisse des actes a maintenu un certain pouvoir d’achat ? N’est-ce pas inquiétant ? Le salut viendra-t-il du développement des actes techniques, donc plus spécialisés ?
Nous pensons effectivement que la progression du chiffre d’affaires du vétérinaire va passer vers plus de qualité que de quantité.
Nous pensons aussi qu’un meilleur suivi des propriétaires de manière à améliorer l’observance des traitements de renouvellement est une voie royale de développement de son activité car nos études montrent à l’image de l’humaine que l’observance en vétérinaire est très mauvaise
Le PANEL concerne plutôt des vétérinaires qui exercent en société (2,14 EPT par clinique), les chiffres de l’AGAPS nous donne généralement une meilleure rentabilité des structures à plusieurs vétérinaires par rapport aux structures individuels (pour 2008, 21% pour les structures individuels et 28% pour les structures à plusieurs vétérinaires), as-tu des éléments qui confirmeraient que les vétos ont mieux résisté à la crise en groupe que seul ?
Yannick Poubanne avait montré que plus que la taille, c’était la composition du cabinet en terme de ratio confrère / consœur qui était corrélée à la rentabilité.
- 2 consœurs ensemble ont une rentabilité catastrophique car elles sous tarifient sans s’en rendre compte
- 2 confrères ensemble tarifient bien, mais sachant que 70% des propriétaires se déplaçant chez le vétérinaire sont des femmes : ces dernières peuvent reprocher à un univers masculin un manque de sympathie ou de chaleur
- La meilleure combinaison est un ratio 50/50 hommes femmes.
Benoit, peux- tu situer le passage de crise de cet échantillon de vétérinaires par rapport à d’autres secteurs de l’économie ?
L’évolution du secteur vétérinaire semble s’inscrire précisément dans la tendance de la croissance des dépenses des ménages qui globalement a connue une forte décélération entre 2007 et 2009 :
+2,4% en 2007
+ 1 % en 2008
- 2 % en 2009
La baisse des volumes est cependant masquée par une augmentation des prix ce qui n’est pas le cas de l’ensemble des autres secteurs (comme les tabacs et l’hôtellerie)
Les autres secteurs de l’économie ont suivi avec plus ou moins d’amplitude un net tassement de leur activité.
Ainsi sur les périodes 2008 et 2009 dans le secteur des TPE des commerces et de l’artisanat on relevait les tendances du chiffre d’affaire suivantes :
Automobile : - 4,2 %
Hôtellerie restauration : +1,3 %
Bâtiment : - 4,5 %
Commerce alimentaire : - 1,6 %
Culture et loisirs : + 2 %
Equipement de la maison : - 4 %
Equipement de la personne : - 6,3 %
Santé : + 2,2 %
La compensation d’une baisse d’activité par une augmentation des prix est-elle une bonne chose ? L’augmentation des prix doit-elle forcément être accompagnée d’un meilleur service ou d’une meilleure technicité ?
Le but du panel est de pousser les moins disants à augmenter leur prix pour faire remonter la moyenne.
L’étude de l’évolution des CA actes et médicaments montrent que les médicaments augmentent plus rapidement que les actes et que la dépendance aux aliments et médicaments s’accroît.
Cette constatation doit inciter à ne pas oublier d’augmenter ses actes : la véritable « Valeur Ajoutée » du vétérinaire.












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