Claire, nous te remercions de répondre aux questions de VETIDEO
1. Tu es praticienne en clinique canine à VANVES, peux-tu nous décrire ton parcours et ton activité professionnelle ?
A ma sortie d’Alfort en 1993, j’ai complété ma formation par un an d’internat en médecine à la clinique Frégis, encore située à l’époque dans un quartier pittoresque de la butte Montmartre.
Après le cursus classique des remplacements et ALD, j’ai eu l’occasion de reprendre une clientèle canine à Vanves, en association avec une amie, Nathalie Prat, qui souhaitait comme moi s’installer à son compte mais être présente à temps partiel, pour raison familiale.
Nous développons donc depuis 1999 notre clientèle de quartier en proposant un service (de jour) complet tant sur le plan diagnostic - labo d’analyse, radiographie numérique, échographie - que thérapeutique en faisant intervenir des confrères spécialisés lorsque c’est nécessaire - ophtalmologie, échographie, neurochirurgie ou orthopédie lourde-.
Toutes deux sportives, nous accordons une attention particulière à l’appareil locomoteur de nos patients et c’est tout naturellement que nous avons décidé d’orienter notre pratique vers l’ostéopathie et la physiothérapie
2. Tu as choisi récemment de te former à l’OSTEOPATHIE, comment définir simplement l’OSTEOPATHIE ?
J’avais en démarrant ma formation une vision très partielle de l’ostéopathie, considérant qu’il s’agissait - à partir d’une connaissance précise de l’anatomie- de manipulations des membres ou de la colonne vertébrale s’accompagnant de « cracs » et conduisant à la guérison.
L’approche ostéopathique est en réalité plus complexe et complète. Il s’agit en effet d’examiner le patient de manière très attentive en commençant par un examen « macroscopique » général et orthopédique tel qu’on nous l’enseigne à l’Ecole Vétérinaire et en évoluant vers un examen beaucoup fin du fonctionnement d’une région anatomique stratégique, d’un organe ou d’un tissu par une « écoute » des mains de l’ostéopathe. Celui-ci décèle alors des déséquilibres, des restrictions de mouvement tissulaires (au niveau des fascias musculaires par exemples) qu’il va tenter de faire disparaitre par des techniques « mécanistes » telles que les trusts (ces fameux « cracs » de l’ostéopathe) ou plus douces, d’ « accompagnement » tissulaire, d’étirements localisés. La remise en mouvement harmonieux de ces structures va se répercuter dans tout l’organisme et déboucher sur un rééquilibrage plus global après quelques jours.
3. Quelle formation as-tu choisi ?
J’ai suivi une formation à la fois pratique et théorique d’ostéopathie vétérinaire auprès de l’IMAOV en 2006-2007.
Mon associée à suivie à son tour une formation l’année dernière auprès de l’AVETAO.
4. Quelles ont été tes motivations ? Dans quels domaines cliniques as-tu éprouvé ces besoins d’une activité nouvelle ?
Ayant au départ une vision plutôt « kiné » de l’ostéopathie, j’attendais de cette formation des solutions alternatives à la chirurgie ou à l’usage des anti-inflammatoires dans la thérapeutique des affections orthopédiques et neurologiques, en particulier lorsqu’elles sont chroniques.
J’ai ensuite appris que l’ostéopathe s’adressait à un organisme dans son intégralité…
5. Quelles sont les différences avec la kinésithérapie ?
La kinésithérapie est une des facettes de la physiothérapie. Elle met en œuvre des techniques de massage, de mobilisations active et passive des articulations, d’exercices mettant en jeu la proprioception, le renforcement de certains muscles ou groupes musculaires.
Toutes ces techniques sont assez standardisées et ne font pas appel à cette fameuse « écoute » de l’ostéopathe, qui concourt à la thérapeutique.
6. Considères-tu l’ostéopathie comme une spécialité à part entière ?
L’ostéopathie est une approche diagnostique et thérapeutique supplémentaire et complémentaire à l’art vétérinaire.
7. Peux-tu nous évoquer simplement un cas clinique ou l’ostéopathie a représenté un moyen thérapeutique ?
Le cas le plus fréquent est celui du chien qui se « bloque » une vertèbre !
Il s’agit en réalité de chiens souffrant d’instabilité vertébrale en région thoracolombaire ou lombo-sacrée, s’accompagnant de spasmes musculaires douloureux. L’approche ostéopathique de ces affections permet de traiter la cause de la douleur (spasme et irritation des racines nerveuses) et non pas de la masquer par la prescription d’anti-inflammatoires, parfois contre-indiqués.
Rappelons que l’ostéopathie ne soigne pas tout et que les douleurs rebelles sont explorées et traitées comme il se doit…
Un cas plus original est celui d’un chaton de 5 mois souffrant d’une arthrodèse métatarso-phalangienne d’origine indéterminée, aboutissant à une plantigradie et donc des lésions cutanées liées au frottement. Après 2 traitements ostéopathiques espacés d’un mois, le chat a retrouvé un appui sur les coussinets.
5 séances au total ont abouti à une stabilisation. Après un an le chat repose sur les coussinets. Ce cas illustre l’intérêt d’un traitement ostéopathique chez un animal en croissance pour qui la démarche classique aurait été d’attendre la fin de la croissance pour envisager un traitement chirurgical.







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