Ou comment le high-tech du quotidien peut devenir une véritable aide ?

Vous qui naviguez sur ces pages connaissez désormais notre goût pour les nouvelles technologies.

Mais plus qu’un intérêt partagé par un certain nombre, il convient dès lors de commencer à s’interroger sur leur pertinence dans notre exercice quotidien.

Ainsi, en omettant volontairement les outils d’orientation clinique que sont les échographes, les radios numériques, les scanners, les IRM et même les simples logiciels de gestion de clientèle, nous tenterons de démontrer que les accessoires high-tech de Monsieur Tout-le-Monde peuvent nous être d’une grande aide.

Dans un premier temps, et pas simplement pour être mieux référencés sur Google, nous évoquerons le (vieux) cas iPhone.

Ensuite, nous évoquerons les différents réseaux sociaux déjà largement utilisés dans notre activité quotidienne, avant de conclure sur ce qui nous apparaît, modestement, comme des solutions d’avenir.

Le cas iPhone :

Qu’on l’aime ou qu’on le déteste, que l’on soit pro-mac ou pro-pc, nul n’a pu rester insensible au cas iPhone et à son si génial buzz médiatico-webo-marketing.

Au-delà du vrai aspect révolutionnaire de l’appareil sur lequel nous ne reviendrons pas, il convient d’insister sur l’aide qu’il peut nous apporter.

Depuis l’avènement de l’AppStore, en juillet 2008, tout possesseur de L’Objet peut réaliser l’acte (si classique sur d’autres plateformes) d’y inclure de nouveaux programmes : Une fois passée la curiosité instinctive d’y tester les jeux auxquels nous n’aurions prêté aucune attention sur autre chose que le GraalPhone, vient la possibilité d’utiliser les applications utiles … et elles sont nombreuses !

Ainsi, outre les possibilités d’échanges de médias, et en particulier de photos, si faciles, et parfois si utiles (on pense à l’aide à distance d’examens radiographiques, dermatologiques) l’iPhone propose désormais l’intégration de vrais outils jusqu’alors dédiés au format papier :

- Tous les atlas Zollinger de chirurgie

- Le MedLine et sa propre application mettant à portée de doigt toutes les références bibliographiques disponibles sur PubMed

- Les superbes planches d’anatomie (humaines certes) de Netter

- Le Vidal dans sa très réussie version WebApp (à quand la vraie appli ?)

Il faut reconnaitre cependant que ces logiciels spécialisés restent onéreux, et exclusivement dédiés, à ma connaissance, à la médecine humaine.

Enfin, et c’est là qu’il dépasse la concurrence, l’iPhone est la porte ouverte aux réseaux sociaux qu’il intègre particulièrement efficacement.

Les accessoires sociaux comme les Facebook, Linkedin, Twitter, et tous les outils de tchat sont présents sur cette plateforme dédiée, et utilisables extrêmement facilement.

De l’avènement des réseaux sociaux …

Tout le monde les connait, beaucoup les utilisent, sans trop penser à leur utilité.

En effet, que voir de Facebook sinon la détente potache, un peu voyeuse, sans aucun intérêt ?

fessebouc

Et bien, sur Facebook sont présent de rares groupes sérieux. Ceux de vos serviteurs, par exemple, mais aussi des regroupements d’Anciens élèves de nos prestigieuses écoles, ou des groupes de support d’ONG.

Il apparaît, quelque soit la manière dont on les utilise, que les medias sociaux, intrinsèquement fédérateurs, sont forcément un outil utile pour nous, et pour la mise en œuvre de processus de réflexion partagée (voire collective), tellement pertinente dans notre activité diagnostique.

Un écueil persiste néanmoins, celui de bien vouloir passer outre notre égo en acceptant les idées collaboratives.

Facebook, derrière l’énorme usine à réflexions de djeunz, à quizz inintéressants, à humour potache est aussi un livre ouvert, lisible par tous ceux que l’on a choisis, et qui permet d’y déposer des réflexions et d’y poser des questions … sérieuses, diagnostiques ou pratiques. Puissent les réponses suivre, ce dont on peut raisonnablement douter sur cet outil non dédié.

A un retour à plus de simplicité

Facebook c’est bien, mais c’est, nous l’avons vu, pollué par trop de trop. Ca ne semble pas à même de permettre la réflexion collaborative vers laquelle le réseau social pourrait tendre.

Un facebook épuré a donc vu le jour il y a maintenant 2 ans, sort tranquillement de la confidentialité, et apparait à ce point être l’outil fédérateur et collaboratif rêvé que les grands groupes l’ont adopté : Twitter.

Petnet

Hier, Twitter était un outil ultra geek apparemment sans aucun sens, aujourd’hui, il est en troisième page du Monde. Des évènements comme les prises d’otages de Bombay, ou l’amerrissage dans l’Hudson ont particulièrement alimenté le buzz, et il apparaît aujourd’hui plus facile d’évoquer cet outil. Ce ne fut pas toujours le cas, tant le concept peut apparaitre génial … ou parfaitement inutile.

En gros, il s’agit de lancer un tweet (littéralement, un « gazouilli ») qui sera lu par tous ceux qui ont choisi de vous suivre. En me lançant sur twitter je pars à la recherche de twittereurs pertinents (avec lesquels je partage des centres d’intérêts), mes « followings », et ils acceptent ou pas de suivre ma prose en retour (mes « followers »).

La prose en question est réduite à son plus simple appareil puisqu’elle doit être contenue dans les 140 caractères maximum dont dispose un tweet.

Malgré toutes ces particularités bizarres, rébarbatives, voire un peu bêtes, se profile quand même ce qui a fait le succès de l’outil : créer des groupes professionnels, ou personnels, des réseaux où l’info circule de manière extrêmement rapide et pertinente.

L’idée sous-jacente est donc une « twitterisation » de la population vétérinaire française, dans le but de souscrire à une prose certes directe, mais éventuellement interrogatrice, pertinente et interactive.

Par exemple, le Dr X. sèche sur un cas, lance une liste de symptômes et reçoit de ses confrères coopérants (ses « followers ») une liste de diagnostics différentiels dont on imagine qu’il se servira : Dr House serait jaloux de ces séances de diagnostic différentiel à distance.

Il apparaît donc qu’à l’image des autres professions médicales, l’activité vétérinaire puisse trouver un enrichissement dans l’usage des outils actuels de communication.

A l’instar du concept de « Web Health » qui se décline aujourd’hui sur des modes orientés vers le patient ou le praticien, des outils sociaux bien utilisés (twitter entre autres), des forums ou des sites d’entraide bien ficelés (Vet’Agora, Vetogarde), ou l’avènement de sites de publication collaborative et communautaire (Vetideo) devraient amener notre profession sur le devant de la scène internet.

Un petit coup de cravache, et nous serons à même de bousculer ce que je veux croire n’être qu’une idée reçu : celle du véto individualiste !

A bientôt pour plus de tweets